Un pirate historiquement fondé
Notre vin pirate était une «Dôle vaudoise», le rouge du Château d’Allaman. Occupant le juste milieu, tant par le prix que dans l’ordre de la dégustation (puis au tableau final), l’«intrus» n’a pas été démasqué par le jury. Normal! N’est-ce sa provenance, ce vin rouge répond aux critères d’une «Dôle valaisanne». Et ce qui paraît aujourd’hui un euphémisme ne va pas de soi, historiquement. En 1957, Provins-Valais l’apprit à ses dépens: la coopérative «monta» jusqu’au Tribunal fédéral pour interdire à un producteur de Lavaux d’utiliser le nom de «Dôle d’Epesses». La Haute cour reconnut au vigneron vaudois l’antériorité de l’appellation (son étiquette date de 1890) et le droit de l’utiliser: son dépositaire, Jean-Luc Blondel, à Cully, en produit toujours.
Aucun sacrilège, si l’on se fonde sur feu Jacques Dubois. Selon l’auteur des «Vignobles vaudois» (Ed. Cabédita), le mot «dôle» aurait été amené de La Côte
vaudoise en Valais par le remue-ménage de l’après-Sonderbund (1847). Tout comme «fendant» qui, longtemps, fut le nom commun du chasselas planté à Lavaux.